Après s’être démarquée en fin 2025 dans la saison 4 de Nouvelle École sur Netflix, Ève La Marka démarre cette nouvelle année avec son premier projet, un EP intitulé : L’HIVER, marquant ainsi le contre pied parfait entre la consonance du titre et la musicalité qu’on y retrouve. L’occasion parfaite pour échanger avec celle qui arrive en stamina. 

Mon papa est musicien professionnel, donc quand on grandit dans cet environnement-là, on finit par commencer la musique très jeune. J’ai été au conservatoire dès mes cinq ans pour faire de la harpe (rires). Une formation classique pendant 15 ans. J’ai souvent vu la musique comme une seconde école, donc je ne voyais pas spécialement ça comme un amusement. Je ne m’évadais pas en faisant de la musique, mais en l’écoutant. Elle a toujours eu une place extrêmement importante sans que je ne m’en rende réellement compte. 

En vrai, il n’y a pas d’instruments hyper faciles à jouer, mais la harpe ça reste un choix original, je le reconnais (rires). C’est pour cela, j’ai pu rentrer tôt parce qu’il y avait de la place (rires). Le choix est vraiment enfantin. J’ai grandi avec les Walt Disney, et dans les Aristochats, il y a un chat qui joue de la harpe. J’en ai parlé à mon père et je me suis retrouvé au conservatoire (rires). 

Eve La Marka, Felix Devaux©

Je pense que je ne serai pas l’artiste que je suis aujourd’hui sans avoir eu cette formation. L’oreille et la rigueur que ça m’a données, forgent mon travail aussi. Et puis cela me pousse aussi à toujours faire mieux et à ne jamais me reposer sur mes acquis. 

J’ai beaucoup écouté ce qu’écoutaient mon père et mon grand frère. J’allais leur voler leurs CDs (rires). Ma première rencontre avec le reggae, ce n’est pas orignal, mais c’est Bob Marley comme beaucoup, mais aussi Capleton. En parallèle, j’étais beaucoup R&B donc : Chris Brown, Usher, Mario, Rihanna.. J’étais vraiment dans ces deux pôles là. 

En réalité, j’ai eu un morceau qui a rencontré vraiment du succès au Costa Rica, un morceau datant de 2016, si je ne dis pas de bêtises. Je ne sais pas du tout pourquoi, mais il s’est retrouvé en top des charts (rires). Je me suis retrouvé à faire une tournée de 10 dates là-bas. Ça n’avait aucun sens (rires). Tout était sold-out, j’avais un agent de sécurité, j’avais vraiment la vie de petite star (rires). Et quand je suis rentré en France, j’ai repris mon train de vie normale (rires). 

Eve La Marka, Felix Devaux©

De fou ! À la base, je chantais en anglais, ce qui fait que je pouvais plus toucher l’international. Mais que ça prenne au Costa Rica, je n’étais pas prête (rires), en plus, j’étais hyper jeune, j’avais à peine 20 ans.

High Grade (rires). Il est encore disponible (rires), il n’y a pas besoin de trop digger pour le trouver, mais je ne vais pas le mettre sur un plateau non plus (rires). 

Oui très important parce que LMK, c’était artistiquement le passé. J’avais besoin d’écrire une nouvelle page et de passer à autre chose, et changer de nom était une bonne option pour marquer ce choix. Quand tu commences la musique très jeune et que tu finis par te professionnaliser, c’est dur de rester en phase avec ce que tu as pu faire, alors parfois, tourner des pages permet de s’y retrouver. 

Exactement. Cela faisait un moment que je voulais changer, mais je retardais un peu l’échéance pour ne pas perdre les gens qui m’écoutaient déjà. L’opportunité de Nouvelle École m’a fait comprendre que c’était le bon moment. C’était un risque mais je suis très contente de l’avoir pris.

Sur Instagram (rires). J’avais été castée sur des saisons précédentes, mais sans que cela aille au bout. Pour la saison 4, ils m’ont convaincu et j’y suis allée. Je n’avais rien à perdre de la faire, et je crois que le pari a été gagnant (rires). 

Le tournage, c’était vraiment un temps suspendu. J’étais dans un quotidien plus commun de maman, avec la naissance de mon fils, et là, je me retrouve en colonie de vacances (rires), où tu penses et tu fais de la musique toute la journée. Ça m’a fait du bien de vivre ça, même si c’était très intense. La diffusion, c’était quasiment que positif pour ma part malgré deux trois trucs qui m’ont fait passer pour Eve l’arrogante (rires). Comparé à d’autres, je suis très contente. Quand tu signes dans cette émission, tu prends le package positif et négatif. Pas une seconde, je pouvais imaginer que j’allais avoir un tel élan de popularité et que le public entre dans mon délire. 

BAYONETTA, Eve La Marka

Pour éviter cette pression et cette facilité, l’EP qu’on a sortis, L’Hiver, a été réalisé un peu avant le tournage et avant la diffusion. Je ne pense pas prendre trop de temps pour la suite, j’ai envie de bombarder aussi, parce que je n’ai pas beaucoup de morceaux sur les plateformes et j’ai envie que le public capte toutes mes palettes artistiques. 

Je ne suis pas dans l’autre situation, mais c’est assez difficile. Je ne sais jamais vraiment dans quel délire partir parce que j’ai envie de faire plein de choses, mais en même temps, à trop partir dans tous les sens, tu peux perdre aussi ton public. L’Hiver va me permettre aussi de voir vers quelles sonorités mon public est plus sensible. Après, si demain j’ai un hit ou un morceau qui fonctionne vraiment, je ne vais pas me dire que je vais faire que ça non plus, parce que c’est hyper ennuyant pour moi, et désolant pour le public. Plus tu te fais plaisir en tant qu’artiste, plus le public te le rendra. 

Shay, c’est un exemple pour beaucoup de femmes, ça me flatte qu’on me compare à elle. Cette similitude, je pense qu’au-delà de l’univers musical, c’est aussi dans le grain de voix. Peut-être qui si nos vocalises étaient différentes, on ne nous comparerait pas autant. C’est grâce à des artistes comme elle, et d’autres, que le public peut m’écouter facilement. Je l’écoute depuis longtemps. Quand elle partie dans ce délire chaloupé, notamment avec Liquide, je me suis dit que si un jour, j’arrive à avoir de la lumière, on allait me comparer à elle parce que je faisais des morceaux dans cette ambiance. Ce que je regrette, c’est que quand plusieurs hommes font le même style, on ne dit rien, mais quand il s’agit d’une femme, direct on la compare. 

GOD BLESS, Eve La Marka

J’apporte beaucoup d’importances aux visuels, je trouve que L’Hiver amenait beaucoup plus d’esthétiques à travailler. Et j’aimais bien ce contre-pied, en amenant un peu de chaleur dans l’Hiver. Comme j’avais sorti un mini EP, En attendant l’hiver, ça faisait sens. Je rassure par contre, je ne compte pas faire les quatre-saisons (rires). 

Totalement ! Cette image de Cruella et des 101 Dalmatiens est venu parce qu’avec Nouvelle Ecole, beaucoup ont cru que j’étais méchante (rires). Je trouvais ça marrant d’appuyer ce côté Cruella, mais en vérité, je suis bien loin d’être une personne mauvaise (rires).

De fou ! Tous les Disney m’ont marqué (rires). Par contre, je ne fais pas les quatre saisons, mais rien ne m’interdis de faire un clin d’œil à d’autres Disney (rires). Je suis une enfant de Disney. J’avais plein de cassettes. Et même musicalement, ils sont trop forts. 

Je suis très cinéphile et très curieuse. Même si depuis que je suis maman, j’ai moins l’opportunité d’aller au cinéma, mais j’étais quelqu’un qui pouvait aller 3/4 fois au cinéma par semaine, à la séance de 11 heures, toute seule (rires). J’ai une vraie fascination pour le cinéma. Je rêve de jouer dans un film. Je ne le ferai jamais pour le faire, car on ne s’invente pas actrice. Mais, si je le fais un jour, je le ferai avec la manière. 

Je suis vraiment une admiratrice des films de Robert Rodriguez et de Quentin Tarantino. Planète Terreur par exemple, j’adore. Tout comme j’adore les films français, par exemple, j’aime beaucoup les films français avec Audrey Tautou comme le fabuleux destin d’Amelie Poulain ou Un long dimanche de fiançailles. Je regarde de tout et je ne me ferme à rien. Comme pour la musique, je suis dans cette ambivalence entre le côté très caractériel et le miel (rires).

Eve La Marka, Felix Devaux©

J’ai confiance. J’ai hâte. J’aime tellement la scène, je suis surexcitée. Au Costa Rica, je ne savais pas à quoi m’attendre, là, je connais la scène, et je vais pouvoir partager ma musique autrement. Le public va venir pour ce que je propose aujourd’hui et ce que je suis vraiment, donc je suis impatiente. La Maroquinerie c’était magnifique, vivement la Cigale.   

Il est sur deux pans. Le premier, celui artistique, faire Bercy serait le Graal. Le second, et le plus important, arriver à avoir gagné assez d’argent pour que mon fils soit à l’abri jusqu’à la fin de ses jours. Je me sentirais sereine et j’aurais la sensation d’avoir accompli ce que je devais accomplir en tant que maman.