Arrivé comme un DLC dans ce rap français en 2023, Jolagreen23 fait désormais partie des artistes que le public a envie d’aimer et de pousser au plus haut. Retour sur l’ascension du nouveau rookie du rap français qui a tout pour bouleverser les codes et qui est déjà validé par les plus installés.
…lancement du programme Jolagreen23…
Originaire de Bois-Colombes dans les Hauts-de-Seine, Jolagreen23 n’a pas choisis un nom de scène random. « Jo » vient de son prénom Jorghen, « la green » vient de la couleur verte qui est sa couleur porte-bonheur, et le nombre 23 vient de la date de sa naissance et du légendaire Michael Jordan. Le congolais-angolais né en 2001 a grandi en écoutant Green Day, Booba, Fally Ipupa et du Koffi Olomidé. C’est en 2021 qu’il décide de se mettre sérieusement à faire de la musique grâce à ses premières expériences d’un studio homemade avec ses proches.

Depuis le départ, Jolagreen23 avait envie de proposer quelque chose de différent, notamment parce qu’il trouvait la scène francophone sans originalité. Le premier véritable projet sort en mars 2023 et s’intitule 23. Cette même année, il ne manqua pas de productivité avec deux autres projets : 888823 en collaboration avec le producteur Kosei en août et RECHERCHE & DESTRUCTION en décembre. Plus les mois passaient, plus son nom revenait dans les médias et auprès d’un public conquis par l’originalité artistique.
« Jolagreen, j’suis l’dernier samouraï » – CRASH BANDICOOT
2024 fut une année déterminante, même s’il a fallu attendre novembre 2024 pour sa mixtape +99XP, Jolagreen23 a reçu plusieurs invitations à collaborer dont Zed, B.B. Jacques puis Dinos sur D BLOCK AFRIQUE, pourtant c’est sur BDLM VOL.1 de Tiakola que Jolagreen23 va offrir une prestation remarquable et remarquée sur FAST LIFE & FAMILLE. Le projet fut dévoilé en septembre, augmentant l’attente d’un nouveau projet du rookie du 92.

…nouveau checkpoint, +99XP…
Le 8 novembre 2024, l’artiste du Label Blue Sky et de 23Corp dévoile donc +99XP, une ambiance jeux-vidéos bien assumée, jusqu’à une version physique en jeu PlayStation 4. Sur ce nouveau projet très attendu, on retrouve en invité : Green Montana sur LONGLIFE NICKY LARSON, Adèle Castillon sur 1.2.3 (2023VERSION) et Lesram sur PLUS LE MÊME.
Tout démarre par une intro intitulée JOLLY ROGER. Comme un bateau pirate qui vient prendre ce qu’il faut prendre, Jolagreen23 hisse le pavillon noir, le Jolly Roger. La première fois que ce nom est mentionné, c’est en 1724 dans A General History of the Pyrates, une expression qui semble venir du jargon anglais « Old Roger », faisant référence au diable. 300 ans plus tard, celui que personne a vu arriver, l’utilise pour introduire son premier long projet dans lequel il ne fut pas en manque de flow (STALINGRAD).
« J’étais dans l’noir, maintenant, j’vois les lucioles » – PLUS LE MÊME
+99XP te lance dans un projet où sont parsemées des références aux jeux-vidéos plus ou moins évidentes. Dans une interview donnée à Konbini dans Jeux Vidéos Club, il dévoile son véritable amour pour le gaming qu’il retranscrit dans sa mixtape : Elden Rng et ses cavaliers crépusculaires, PAYDAY, les lucioles de Last Of Us, Sleeping Dogs, les Morganach d’Hogwarts Legacy, Crash Bandicoot, Max Payne, Temple Run… L’enfant qui a envie de contrôler le game comme une PSP dans BRICK BY BRICK, sait que pour y arriver, il va lui falloir du stamina et que ça risque de lui bousiller un peu de point de vie.
Qui dit jeux-vidéos, dit également Pop Culture et en tant qu’enfant des années 2000, Jola n’hésite pas en références pour montrer qu’il est en train de réaliser son shōnen (genre d’animé dans lequel on retrouve l’évolution d’un personnage principal et qui se base sur des valeurs telles que l’amitié, le dépassement de soi, la justice et le courage, ndlr), de Naruto aux méchants dans Dragon Ball Z, sans oublier l’Attaque des Titans et One Piece, il a écumé certains animés bien qu’il rappelle à son public que pour avancer, il faut bosser et arrêter d’être sur Crunchyroll (HELLCAT OU CAMARO), une plateforme qui diffuse uniquement des animés.
« En un tir, j’élimine mille personnes » – LONGLIFE NICKY LARSON
Un point majeur se dégage chez Jolagreen dans sa musique et ses textes, c’est son amour pour la violence, principalement les armes. Un amour qui a dû naître via les jeux, mais qui vient surtout être une image de contestation face à ce qu’on peut dire sur lui et ce qu’il peut se passer autour de lui mais aussi une représentation de la puissance qu’il veut générer via son art. De Rambo à Nicky Larson aux onomatopées de bruit de tirs et aux références d’armes, Jolagreen se présente comme un pirate venu braquer l’industrie de la musique et faire régner le respect sur sa proposition artistique.
Si le projet est saupoudré de prises de postions notamment contre l’extrême droite et contre le système corrompu, la carapace de protection de Jolagreen nous interdit d’en connaître plus sur son histoire, jusqu’au morceau 800€. Si à première vue, le titre du morceau n’annonçait rien de personnel, finalement c’est sur un morceau sincère qu’on retrouve l’artiste du 92. Entre ses origines familiales et les problèmes qu’a eu son père pour avoir ses documents français, son besoin d’enfant protecteur auprès des femmes de sa famille maintenant que tout lui sourit, la douloureuse mort de sa grand-mère, mais aussi celles de ses potes que la rue prend, ce morceau devient un exutoire pour Jolagreen, qui jusqu’ici, était très réservé.
Si son style peut arrêter certains à la première écoute, c’est parfois par l’intermédiaire d’un morceau ou d’un projet qu’on finit par installer ce DLC dans nos écoutes quotidiennes, 1.2.3 (2023VERSION) a tout pour plaire à ceux dont la musicalité de Jolagreen23 n’a pas encore impacté. En attendant, Jolagreen23 est en train de passer des niveaux et le prochain long projet sera déterminant pour définir les checkpoint qu’il pourrait atteindre dans le futur.